Transcription
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Monsieur, je vous avois escript par deux fois estant à la cour au paravant
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que je tumbasse malade, ne aulmoingtz je nay jamais heu cest honneur que
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davoir heu de voz nouvelles despuis mon partement de ce lieu. Je ne scay
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si mes lettres vous ont esté randues. Je vous prie, monsieur, mescuzer sy
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despuis ma maladye qui a esté grande et loncgue, je ne vous ay faict
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scavoir des mienes. Se na pas esté à faulte de bonne vollanté mès
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la surcharge des affaires et de mon mal en ont esté cause, nayant
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en rien changé ny disminué la bonne vollanté que jay heu toute ma vie
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à vous fère service. Jay veu une lettre quavés escript à madame de La Motte.
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Lhonneur quil vous plaict de noz fère de volloir fère crestien ung filz
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quil a pleu à Dieu noz donner après tous maleurs et disgracez, dequoy
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je vous remercie très humblement. Je prie Notre Seigneur le fère preudhome
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et tel quil vous puisse fère service, et aux vostres. Je suis arivé
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en ce lieu travalhé par la longueur du chemin et encor de ma maladie,
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laquelle ma laissé pour sa dernière main, une dessante su lespaule
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droicte et ouverture en la teste en deux ou trois lieux, de façon que
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je suis entre les mains du sirurgyen dont je suis grandement
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marry pour le regret que jay de ne voz pouvoir aller baiser les
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mains si tost comme jeusse desiré, et recepvoir voz commandementz.
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Monsieur, en cest endroict je prie le Createur vous donner en très bonne
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santé loncgue et très heureuse vye, après avoir sallué voz bonnes
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graces de mes très humbles et afectionés recomandations, comme aussi
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faict madame de La Motte. De Grenoble, ce XVIII mars 1574
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Votre très humble et obeissant serviteur
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Lamote Verdeyer
